: l’ovalie, exactement… Après Abdelatif Benazzi, Émile Ntamack, Serge Betsen et quelques autres grandes stars internationales d’origine africaine, le troisième ligne Fulgence Ouedraogo, natif de Ouagadougou, est en voie de s’installer durablement au sein du XV de France. Fulgence, «Fufu» pour les intimes, est devenu en l’espace de quelques mois et d’une poignée de matchs un titulaire à part entière du XV de France. Il a ouvert son compteur sélections en juin 2007 lors d’une tournée en Nouvelle-Zélande. Mais son entrée, remarquable et remarquée, il l’a effectuée en février 2008 dans l’antre de Murrayfield face à l’Écosse. C’était le match d’ouverture du Tournoi des six nations. Un examen qu’il a négocié avec bonheur en faisant partie des meilleurs joueurs du match.
L’espoir français n’est pas un ovni. Il a suivi le parcours du parfait rugbyman. Arrivé du Burkina Faso à l’âge de 3 ans dans sa famille d’accueil à Saint-Jean-de-Cuculles dans l’Hérault, il a déjà la chance d’être au bon endroit, sur une terre qui sent et respire le jeu à quinze. Attiré par le football, dont il avait sans doute conservé des images et des sensations ramenées d’Afrique, il a fini par plonger, tête baissée, dans le sport de son nouveau territoire. Et quel territoire! Formé à Pic-Saint- Loup, il a pour références Béziers, Narbonne ou Montpellier. De quoi vous donner l’envie de pousser plus loin la pratique d’un sport qui exige effort, puissance, passion et générosité. Il aimera le rugby et ce dernier le lui rendra bien.
Fulgence progresse à pas de géant et rejoint, à 17 ans, le club de Montpellier. C’est l’ouverture sur le haut niveau. Remarqué par les sélectionneurs, il devient l’une des pièces maîtresses de l’équipe de France des moins de 21 ans sacrée championne du monde en 2006. Très vite, il pousse élégamment vers la sortie des piliers du poste de troisième ligne, à l’image de Julien Bonnaire, comme il profite de la retraite d’un autre monstre sacré, Serge Betsen. Durant l’été 2007, l’horizon se dégage un peu plus. Sélectionné pour la tournée de l’équipe B en Nouvelle-Zélande, il frappe les esprits, mais ne gagne pas encore sa place dans le groupe appelé à disputer la Coupe du monde à l’automne. Enfin, après le semi-échec des Tricolores dans leur Mondial (ils ont terminé en quatrième position), la nouvelle direction technique décide de rajeunir la composition du groupe France. L’ailier héraultais fait alors clairement partie du projet de reconstruction.
Le sélectionneur Marc Lièvremont lui trouve des qualités intéressantes et le dit publiquement: «Fulgence a une grosse activité. Comme troisième ligne de rupture et de soutien, grâce à sa capacité de déplacement. » Chose dite, chose faite. Le Franco-Burkinabè dispute les cinq matchs du Tournoi des six nations et se révèle comme l’un des mieux notés du groupe. Admirateur de l’infatigable gratteur de ballons dans les rucks qu’est le Néo- Zélandais Richie McCaw, Fulgence ne se croit pas arrivé pour autant. Il est le premier à mettre le doigt sur ses insuffisances : «Je manque encore d’un peu de souffle. Physiquement, je dois me renforcer pour être meilleur techniquement. Je devrais être plus rigoureux…» Une chose est sûre, notre homme possède incontestablement l’ingrédient le plus précieux des champions: la lucidité.
Fayçal Chehat© Continental - Magazine Africain d'informations et d'actualités
Création et référencement du site www.continentalmag.com par EANET