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CAN 2008, stars à l'affiche

CAN 2008, stars à l'affiche

Cette fois encore, les stars africaines sont fidèles au rendez-vous pour cette 26e édition qui a débuté au Ghana le 20 janvier pour se clore le 10 février. Souvent remise en question par les puissants clubs européens, auxquels elle ravit durant un mois leurs meilleurs éléments, la CAN revient tous les deux ans offrir au monde entier une fête à nulle autre pareille. Revue des talents à mi-parcours.

ontrairement à d’autres championnats, durant la CAN, les joueurs ne cherchent pas le confort à tout prix, ne fuient pas les journalistes et les supporters, et sont prêts à faire beaucoup de sacrifices. Ceux qui en sont écartés par le choix d’un sélectionneur ou par une blessure sont vraiment très malheureux. La star mondiale Didier Drogba, le capitaine des Éléphants de Côte d’Ivoire, symbolise parfaitement cet attachement viscéral des champions africains à «leur événement bisannuel». Opéré du genou début décembre, l’Ivoirien avait une seule obsession : guérir à temps et faire le voyage d’Accra coûte que coûte. Sa déclaration, parue début décembre dans un grand périodique européen, ne laissait aucun doute : «Vous vous rendez compte de ce que représente la Coupe d’Afrique pour un Africain et pour moi en particulier? Pas un entraîneur ne pourra m’empêcher de disputer la Coupe d’Afrique… ». On imagine la position de tous les internationaux, lorsqu’un joueur comme Drogba affiche un tel état d’esprit. En dehors du symbole de l’attachement au pays d’origine, réaliser une bonne performance en Coupe d’Afrique peut aider à relancer une carrière ou à lui donner une nouvelle dimension.

Au Ghana, le public a la chance de voir évoluer les meilleurs représentants du football continental. On peut les classer en trois catégories. Dans la première, les joueurs de rang mondial. À leur tête, bien sûr, Didier Drogba. Le suivant comme son ombre, Samuel Eto’o revient aussi d’une blessure. Le Camerounais du FC Barcelone veut faire mieux qu’en 2006 où il avait été écarté dès les quarts de finale par le capitaine de l’équipe de Côte d’Ivoire. Camerounais et Ivoiriens souhaitent cette fois que ce duel de titans puisse avoir lieu le 10 février lors de la finale à Accra. Un projet certainement pas partagé par Mickael Essien, un autre géant. Le milieu de terrain de Chelsea et du Ghana, qui a l’avantage d’évoluer à domicile, ne compte pas gâcher l’occasion de remporter, à 26 ans, son premier titre continental. Derrière ces têtes d’affiche incontournables depuis 2004, trois joueurs d’exception, originaires du Mali. Comment ne pas placer Frédéric Kanouté parmi les guest stars de cette CAN 2008? Deuxième meilleur buteur de la Liga espagnole en 2007 et auteur d’un doublé coupe de l’UEFA et Coupe d’Espagne, l’attaquant de Séville allie, avec bonheur, élégance, technique et efficacité. À Kumasi, il est soutenu par un milieu de terrain royal composé de Mamadou Diarra et de Seydou Keita. Le premier est actuellement un des tauliers du Real Madrid, après avoir joué à l’Olympique Lyonnais. Le second connaît une progression fulgurante depuis qu’il évolue en Espagne dans le même club que Kanouté, le FC Séville.

La deuxième catégorie, celle des aspirants à la renommée internationale, est des plus fournie. On y distingue des joueurs confirmés dont Pascal Feindouno, le milieu offensif de Guinée et de Saint-Étienne, est le symbole. Mais aussi beaucoup de jeunes loups qui assurent déjà le beau temps dans leurs clubs respectifs, à l’image du milieu récupérateur Yahia Touré. L’Ivoirien a pris du coffre depuis qu’il évolue au sein d’une équipe de Barcelone truffée d’étoiles. Révélation de la dernière CAN, Yahia Touré veut et peut amener les Éléphants vers la victoire après avoir échoué en finale au Caire en 2006. Son frère, Kolo Touré, est dans la même configuration. Bien installé au coeur de la défense d’Arsenal (Angleterre), il accélère son apprentissage du très haut niveau dans le contexte très particulier d’une compétition disputée sur le sol africain. Et comment oublier ce diamant pur qu’est l’Ivoirien Bakary Koné (Nice). Un attaquant de poche (à peine 1,60 m) dont les raids éclairs en font un véritable poison pour les défenses. La CAN 2008 pourrait signer son envol. Le milieu défensif camerounais Jean II Makoun (24 ans) qui évolue à Lille, club actuellement en souffrance, est au Ghana avec une ambition légitime. Déjà pisté par les plus grands clubs d’Europe, il sait qu’une CAN réussie accélérerait les événements. Le Sénégalais Mamadou Niang, de l’Olympique de Marseille, a la même attente. Avec une équipe du Sénégal en quête de revanche, il a les moyens de passer du stade d’un bon joueur de club à un élément reconnu sur le plan international.

Considéré comme un vrai feu follet dans le très enlevé championnat allemand, l’Égyptien Mohamed Zidan (Hambourg SV) a enfin l’occasion de faire profiter les Pharaons de son immense talent en phase finale de la CAN. Dans une équipe nigériane renouvelée, trois joueurs ont une grosse ambition. Le milieu offensif John Mikel Obi (20 ans), découvert en 2006, a fait son trou dans le riche effectif de Chelsea. Il a la lourde charge de succéder au génial Jay Jay Okocha et peut s’en acquitter. À 22 ans, Aiyegbeni Yakubu (Everton), 3e au classement des buteurs de la Premerchips, est déjà un vieux routier. Il en est à sa troisième CAN successive et deux places sur le podium ! Quant à Obafemi Martins (Newcastle), l’homme aux buts spectaculaires, il est surveillé comme le lait sur le feu par les défenses adverses. Les observateurs suivent de façon plus assidue l’évolution de joueurs comme Mustapha Hadji, le milieu offensif nancéen du Maroc, et son compatriote Tarik Sektiou, qui réalise une belle saison au coeur de l’attaque du FC Porto. Côté gardien de but, Carlos Idriss Kameni, l’homme providentiel de l’Espagnol de Barcelone et du Cameroun, est la principale attraction. Voilà pour la jeunesse ambitieuse et triomphante.

Mais, fidèle à sa tradition, l’Afrique ne rejette pas les anciens. Leur expérience est toujours la bienvenue. C’est la troisième catégorie, celle des footballeurs qui sont plus près de la sortie que de l’ambition. Nous pensons à des joueurs tels les défenseurs Rigobert Song (Cameroun), Lamine Diatta (Sénégal), Talal El-Karkouri (Maroc), le gardien de but Tony Sylva (Sénégal), le milieu offensif égyptien Ahmed Hassan (Anderlecht). C’est bien sûr la catégorie la moins fournie, car l’Afrique est un continent jeune, très jeune.

Fayçal Chehat

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