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CAN 2008 au Ghana : une flopée de favoris

Jamais une Coupe d’Afrique des nations (CAN) n’a paru aussi ouverte. Pour cette 26e édition, qui se tient au Ghana du 20 janvier au 11 février 2008, le nombre de prétendants au sacre est très fourni pour succéder aux Pharaons. En dehors du Ghana, qui aura l’avantage de jouer sur ses terres, la Côte d’Ivoire est très attendue ainsi que le Cameroun. Et que dire du Sénégal, qui a retrouvé des couleurs, de l’Égypte décidée à conserver son bien, et de ces outsiders aux dents longues que sont le Maroc, la Guinée ou le Nigeria ?

Groupe A (Accra) Ghana
Groupe A (Accra) Guinée
Groupe B (Sekondi) Côte d'Ivoire
Groupe B (Sekondi) Nigeria
Groupe C (Kumasi) Cameroun
Groupe C (Kumasi) Egypte
Groupe D (Tamale) Sénégal
Groupe D (Tamale) Tunisie

Commençons par le groupe A, basé à Accra, celui du pays organisateur. Les Ghanéens n’ont pas été favorisés. Pour passer le premier tour, ils devront faire bonne figure devant deux redoutables concurrents, la Guinée et le Maroc, et devant la Namibie, un outsider dont ils devront se méfier, vu son parcours dans les éliminatoires. Ghana-Guinée est un vrai derby de l’Afrique de l’Ouest. Les locaux, qui restent sur une honorable Coupe du monde 2006, ont dû se contenter depuis cette date de disputer des matches amicaux. Pris en main par Claude Le Roy, l’un des plus fins connaisseurs européens du football africain, ils ont certainement suivi une préparation solide. Quant à la Guinée, qui a réalisé un super parcours dans les éliminatoires, tout le monde se souvient de son jeu chatoyant proposé lors de la CAN 2006. Un jeu qui aurait mérité un meilleur sort qu’un simple quart de finale. C’est quasiment avec le même effectif que l’entraîneur français Robert Nouzaret va se déplacer au Ghana. Un effectif jeune mais qui a gagné en expérience et dont le chef de file sera, une fois de plus, le redoutable milieu offensif Pascal Feindouno.

Le troisième favori de ce groupe A est le Maroc qui s’est un peu fait oublier depuis la CAN 2006 avant de se qualifier sans démontrer grand-chose dans un groupe très limité. Seulement voilà, ceux qui ont eu la chance de voir la réplique que les Lions de l’Atlas ont offert à l’équipe de France à Paris, le 9 novembre 2007, ont été éblouis par la performance. Le monde a découvert un collectif remarquable. Une vraie machine de guerre qui peut compter sur des individualités à la technique ciselée, à l’image de Youssef Hadji (Nancy) et de Sektioui (FC Porto). On sent déjà la patte de l’entraîneur Henri Michel. Malgré cette brillance, il y a un bémol. Le Maroc n’arrive pas toujours à imposer son jeu raffiné dans un contexte africain. Le Maroc rêve depuis trente et un ans maintenant d’un autre succès en Coupe d’Afrique (un seul titre remporté en 1976). À Accra, il devra également se souvenir qu’en 2006, la Guinée avait étrillé la Tunisie (3-0), qui offre les mêmes caractéristiques de jeu. Devant ces grosses cylindrées que sont le Ghana, la Guinée et le Maroc, la Namibie, déjà contente d’inscrire une seconde participation à la CAN sur son CV, n’aura sans doute que son courage à opposer.

Si à Accra les matches s’annoncent chauds, à Sekondi, siège du groupe B, la compétition aura certainement les couleurs de l’enfer. Là aussi nous aurons affaire à un trio de choc avec la Côte d’Ivoire, le Nigeria et le Mali. Battue aux tirs au but en finale en 2006 par l’Égypte, la Côte d’Ivoire est attendue au tournant. Formée de joueurs exceptionnellement doués qui évoluent dans les meilleurs clubs du monde (Barcelone, Arsenal, Chelsea…) et malgré Didier Drogba blessé, incertain de jouer, la Côte d’Ivoire sait que, pour elle, c’est l’année ou jamais de monter sur le toit de l’Afrique. Cependant, en mettant sur leur chemin le Nigeria et le Mali, le sort n’a pas gâté les Ivoiriens. Le Nigeria possède certes une équipe en reconstruction, mais c’est un football qui répond toujours présent lors des grands rendez-vous continentaux. Il n’a jamais été éloigné du podium ces vingt dernières années. C’était le cas en 2000, 2002, 2004 et 2006. Les Super Eagles sont des géants qui ne dorment que d’un seul oeil. Et puis, pour eux, évoluer à Sekondi ou à domicile sera du pareil au même. Face à la Côte d’Ivoire, l’enjeu sera à la fois régional et continental. Le vainqueur de ce match peut espérer aller au bout de l’aventure. On peut dire la même chose de Mali-Côte d’Ivoire et de Mali-Nigeria. Absents en 2006, les Maliens rêvent de casser la baraque. Ils sont un peu dans la même position que les Ivoiriens. Le Mali peut s’appuyer sur un noyau de joueurs fantastiques tels que Frédéric Kanouté et Seydou Keita (FC Séville), Mamadou Diarra (Real Madrid), ou Momo Sissoko (Liverpool). Avec des joueurs d’expérience encadrant une brochette de jeunes moins médiatiques, les Maliens peuvent faire un malheur. Face à ces trois géants, le Bénin, qui se présente avec un palmarès vierge et un potentiel limité, devra se contenter d’apprendre et de jouer le rôle d’arbitre.

Kumasi, la seconde ville d’importance du Ghana, à 200 km de la capitale, accueillera le groupe C qui compte deux favoris et deux outsiders. Les deux favoris, l’Égypte et le Cameroun, sont en fait des monstres sacrés du football continental. L’Égypte est championne en titre et le Cameroun est un candidat permanent au sacre. Il faut souligner que les deux pays ne comptabilisent pas moins de neuf titres de champions d’Afrique : cinq pour l’Égypte et quatre pour le Cameroun! Le présent est un peu plus fragile. Les Lions Indomptables n’ont pas été transcendants durant les éliminatoires et n’ont pas vraiment renouvelé leur effectif. Ils dépendront beaucoup de la forme de Samuel Eto’o. Quant à l’Égypte, elle n’a pas fait mieux ces derniers mois. Sans compter que les Pharaons se montrent généralement plus fragiles hors de leurs bases. Difficulté supplémentaire pour les Égyptiens, la poule de Kumasi renferme aussi le Soudan, une équipe qui monte, qui monte… Les Soudanais peuvent vraiment être la bonne surprise de cette CAN. Ils seront dans tous les cas la grande curiosité et le bol d’air frais de l’édition 2008. Quant à la Zambie, comme à son habitude, elle sera difficile à manier. Les Zambiens font, depuis 1988, partie du scénario de la CAN. Un scénario qui leur a fait la part belle à plusieurs reprises : 1990 (3e), 1994 (2e) et 1996 (3e).

Enfin, à Tamale dans le groupe D, les choses paraissent plus claires. Il y a d’abord le Sénégal et les autres. Le Sénégal fait figure de grand favori à la lecture de son parcours des éliminatoires mais aussi des derniers matches amicaux disputés en France. Les Lions de la Teranga ont été impressionnants de puissance face à la Guinée (3-1) et au Mali (3-2), pour ne citer que ces deux performances. Le coach franco-polonais Henri Kasperczak fait du bon travail et ne rêve que d’une chose: que la fédération lui évite les éternels problèmes de primes et de logistique. La deuxième place du groupe se jouera entre la Tunisie –au mental toujours friable lors des grands rendez- vous– et l’Angola qui n’a pas fait parler d’elle depuis le Mondial, mais qui dispose d’un effectif cohérent comme l’a montré son dernier succès en match de préparation à Paris face à la Côte d’Ivoire (2-1). Quant à l’Afrique du Sud, malgré le recrutement de l’ancien sélectionneur brésilien Carlos Alberto Parreira, elle reste la grande inconnue. Formation en reconstruction en vue du Mondial 2010, il n’est pas sûr qu’elle soit fin prête pour la CAN 2008.

Fayçal Chehat

Les groupes et nos pronostics
Groupe A (Accra)
Ghana (40%).
Guinée (30%).
Maroc (25%).
Namibie (5%).

Groupe B (Sekondi)
Côte d'Ivoire (35%).
Nigeria (30%).
Mali (30%).
Bénin (5%)

Groupe C (Kumasi)
Cameroun (30%).
Egypte (30%).
Soudan (20%).
Zambie (20%).

Groupe D (Tamale)
Sénégal (35%).
Tunisie (25%).
Angola (25%).
Soudan (15%).


*Les deux premiers de chaque groupe sont qualifiés pour les quarts de finale.

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