Longtemps projetées et annoncées, sans cesse reportées, tantôt pour des raisons financières, tantôt pour des considérations techniques, les élections législatives togolaises auront enfin lieu le 14 octobre prochain. Cette fois semble la bonne, les conditions financières, techniques et même politiques étant réunies.
En effet, le recensement électoral s’est achevé. Aussi, quelque trois millions de citoyens togolais sont-ils désormais détenteurs de cartes d’électeur sécurisées, comportant une photographie numérisée. Autant de dispositions qui répondent à l’appel de l’ensemble de la classe politique convaincue que «plus rien ne sera comme avant». Le président Faure Gnassingbé, invitant en août dernier ses compatriotes à s’inscrire «massivement» sur les listes électorales, avait rassuré: «Ce qui va être entrepris constitue une remarquable avancée par rapport à tout ce qui a pu se faire dans ce domaine.»
La France et l’Union européenne accompagnent le Togo dans ces élections en soutenant financièrement la Commission électorale nationale indépendante (Céni), en charge de l’organisation du scrutin. Les observateurs de la Commission européenne retrouvent eux aussi le chemin du Togo qu’ils avaient « déserté » depuis la présidentielle de 1998. Ils se déploieront sur l’ensemble du territoire avant et après le scrutin.
Au plan interne, en plus des dispositions relatives à l’organisation stricto sensu du scrutin, des instruments juridiques ont été mis en place en vue de garantir la préservation de la quiétude sociale et la paix civile. Par exemple, fait inédit, les journalistes se sont engagés à respecter un code de bonne conduite leur imposant «l’équité, l’équilibre et le respect de la personne humaine » dans le traitement de l’information durant cette période d’autant plus sensible qu’elle met en jeu la vie de toute une nation qui émerge, peu à peu, d’une mise en quarantaine de près de deux décennies.
Par ailleurs, l’armée, régulièrement accusée ces dernières années d’actes de violence, est dotée, depuis février 2007, d’un nouveau statut lui interdisant toute immixtion dans la sphère politique. Reste à souhaiter qu’au sein de la classe politique, l’esprit patriotique qui, de nouveau, s’est manifesté durant le Forum de réconciliation qui a conduit aux accords de Ouagadougou, continue de prévaloir. C’est à ce prix qu’au lendemain du 14 octobre 2007, les conditions d’une pleine et entière reprise de la coopération avec l’Union européenne et d’une vie politique et institutionnelle normalisée, seront enfin remplies. Afin que le Togo retrouve, enfin, sa réputation perdue de «Suisse d’Afrique», et que les cinq millions de citoyens puissent renouer avec un sentiment de bien-être collectif et partagé. Le Togo et les Togolais en ont les ressources.
Arnauld Houndété
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