Selon les statistiques de l'Organisation mondiale de la santé, le paludisme tue aujourd'hui un enfant africain toutes les trente secondes. Environ 40 % de la population des pays les plus pauvres au monde sont exposés à cette maladie. La Journée mondiale de lutte contre le paludisme, célébrée chaque année en avril, donne lieu à de nombreuses manifestations internationales.
Chaque année, on compte plus de 300 000 millions de cas de paludisme dans le monde et plus d'un million de décès, principalement des enfants d'Afrique sub-saharienne. D'où l'urgence de combattre cette pandémie qui est l'une des plus mortelles avec le sida et la tuberculose. La lutte contre le paludisme s'est considérablement compliquée ces dernières années avec la résistance généralisée du plasmodium falciparum - l'un des quatre types de paludisme, le plus sévère et le plus répandu en Afrique - aux antipaludiques traditionnels. Il y a dix ans, un nouveau groupe d'antipaludiques, les dérivés de l'artémisinine, a été lancé sur le marché. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS) qui promeut les associations à base d'artémisinine depuis 2001, ces composés ont une action thérapeutique rapide et efficace contre le plasmodium falciparum. Outre le fait qu'aucune résistance du parasite à ces composés n'a été observée à ce jour, ils semblent également bien tolérés par les patients. De plus, ils réduisent le portage de gamétocytes - les formes sexuées du parasite - et donc les risques de transmission de la maladie. Mais c'est surtout lorsque ces dérivés sont combinés à certains médicaments de synthèse que les résultats s'avèrent spectaculaires. Des guérisons auraient été observées au bout de trois jours de traitement.
C'est justement à tous ces critères que veut répondre l'ASAQ, un médicament développé par différents partenaires sous la houlette de la fondation DNDI (Drugs for Neglected Diseases Initiative) et Sanofi-Aventis, leader européen de l'industrie pharmaceutique. Sa nouvelle formule à dose fixe, commercialisée en mars dernier, est plus adaptée aux besoins, simple d'utilisation et vendue à un prix abordable. Pour un adulte, le traitement se limite à deux comprimés par jour, pendant trois jours, au lieu de huit auparavant. Pour les nourrissons et les enfants, la posologie est d'un comprimé par jour, pendant trois jours. Actuellement, le coût du traitement est annoncé à 0,5 dollar US pour les enfants de moins de 5 ans et environ 1 dollar pour les autres enfants et les adultes (environ 250 à 500 francs CFA). Ce qui reste évidemment considérable pour les classes défavorisées, qui sont souvent les plus touchées par la maladie. La gratuité semble donc être le meilleur moyen de garantir une santé pour tous. Soulignons aussi l'importance des campagnes de prévention, destinées par exemple à inciter les populations à acquérir des moustiquaires imprégnées. C'est l'un des objectifs de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme. Pour la troisième année consécutive, la journaliste Seynabou Sy organise à Dakar le Festival Music Ebène. Du 26 au 28 avril, des artistes comme Salif Keita, Corneille, Femi Kuti, Nayanka Bell, Ismaël Lo, Jocelyne Labylle, Césaria Evora ou encore Diam's viendront chanter contre le paludisme. Pour les responsables du Festival, l'ambition est simple : agir comme une piqûre de rappel régulière en matière de prévention et distribuer un million de moustiquaires imprégnées à l'horizon 2015.
Christian Eboulé
Continental n° 59 - Avril 2007
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